Lorsqu'une Olympiade se termine, pour les villes hôtes c'est trop souvent la même histoire qui se répète :
A l'arrivée pour le pays de la ville qui accueille les jeux Olympiques, c'est soit l'accalmie économique comme ce fut le cas lors des derniers Jeux de Sydney (2000) et d'Athènes (2004), soit la vraie récession comme à Séoul (1988) et Barcelone (1992). Il n'y a qu'à Atlanta, en 1996, où le ralentissement économique ne s'est pas produit. Les yeux braqués sur Beijing, et ses Jeux qui ont coûté plus de 25 milliards d'euros, il serait naturel d'observer un scenario similaire de ralentissement de l'économie. Après tout, la Chine avec sa croissance à deux chiffres qui dure depuis plus de 10 ans commence à montrer plusieurs signes de surchauffe.
Alors oui, on peut s'arrêter sur le tremblement de terre du Sichuan, la crise énergétique, sur le ralentissement du business avant et pendant les Jeux, à cause des restrictions de visas, des mouvements sociaux toujours plus nombreux, d'un Yuan qui s'est apprécié de plus de 20% depuis 3 ans provoquant une baisse de l'excédent commercial. Il n'en sera rien. La Chine va encore finir l'année avec une croissance à 10%, et Beijing ne ressentira aucun effet d'une quelconque récession. En fait, la Chine est encore loin d'avoir achevé sa dernière révolution industrielle. Sa soif d'investissements risque de se prolonger pendant encore 20 ans. La Chine est un vaste pays et les prochains challenges économiques se trouvent à l'Ouest (provinces du Xinjiang, du Gansu et du Ningxia) encore sous développé et au Nord (Heilongjiang, Liaoning et Jilin), grande zone métallurgique qui a besoin de moderniser toute ses industries.
Les grandes villes du nord que sont Harbin, Shenyang et Changchun seront dans les 10 prochaines années les bénéficiaires d'un investissement important aussi bien chinois qu'international. Les zones côtières et le Sud de la Chine, régions les plus riches, continueront à attirer les investisseurs étrangers et leurs capitaux avec le développement de secteurs comme la haute technologie (de plus en plus performante), les biotechnologies, les matériaux de demain et les toutes nouvelles générations d'électronique.

Bien sûr, il y a toujours de nombreux facteurs qui peuvent freiner cette croissance chinoise. En premier lieu, la situation des millions de paysans qui voient leur revenus stagner alors que les classes moyennes voient le leur croitre. D'autres phénomènes comme l'épuisement des ressources naturelles et la détérioration de l'environnement sont d'autres freins au développement économique.
Les autorités chinoises pour endiguer ces problèmes proposent, de plus en plus, de casser les situations de monopoles, de favoriser la création d'entreprises, et de réformer les programmes de développement scientifique et technologique. Suffira ou suffira pas, l'économie chinoise est trop importante pour subir les effets secondaires non désirables de l'après JO. On ne peut décemment pas comparer l'économie chinoise à l'économie de la Grèce (16 fois inférieure) et de l'Australie (8 fois inférieure).
Les 40 milliards de dollars dépensés pour ces Jeux, auront permis a Beijing de se doter d‘ infrastructures de classe internationale comme son terminal 3 aérien, le plus grand du monde. Beijing, la bureaucrate, est entrain de refaire son retard sur Shanghai, la financière, qui va accueillir en 2010 l'expo Universelle. Cette rivalité entre les deux grandes métropoles chinoises, associée au développement massif qui se manifeste à l'Ouest et au Nord du pays va permettre la poursuite folle de la croissance chinoise pour encore 15 bonnes années.
ministère des transports ©RCI Etienne Rodet
© RCI- Edito Août 2008