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Explication façon Café du commerce de la crise qui secoue la zone Euro : « les seize pays membres de réunissent pour déjeuner dans un restaurant et décident de se partager la facture à égalité. Alors l'Allemagne commande un sandwich, la France de la langouste et la Grèce du caviar ». Ce qui explique les humeurs et les initiatives de Merkel dans les évolutions en cours.
Une façon simple de résumer une tourmente monétaire dont les rebondissements successifs déroutent et divisent les analystes les plus chevronnés. Les rebondissements et les dénis répétés des prévisions de reprise finissent par ne laisser surnager que des explications irrationnelles. Ou plutôt une seule explication: les « marchés ».
Le Marché (au singulier, avec majuscule) a été, jusqu'à l'explosion des subprimes et de la crise, le porteur bienfaisant, mondialisé, quasi-divin, seul capable d'assurer à l 'Humanité prospérité et lendemains qui chantent. Aujourd'hui, « les marchés » ( au pluriel, désormais), s'inquiètent, se rassurent, s'affolent, se reprennent, menacent...Bref le Marché est vu tour à tour comme un irrémédiable phénomène naturel, une mystérieuse puissance maléfique, un réseau de pouvoirs occulte et satanique. Il impose sa loi, aussi inexorable qu'un tremblement de terre ou un cancer du poumon.
Face à cette effervescence floue des commentaires, il n'est pas mauvais de redire le constat du poète mexicain Octavio Paz ( prix Nobel 1990) : « le Marché est un mécanisme efficace, mais comme tous les mécanismes il n'a ni conscience ni miséricorde ». C'est bien le défi, aujourd'hui admis dans son principe, que lance la crise à la pensée économique, et au delà à la volonté politique: face, pour reprendre les termes de l'universitaire Pierre Musso, docteur ès-sciences politiques, face à l' « irresponsabilité financière internationale », construire une « responsabilité publique et sociale universelle ». Ce n'est pas gagné.
© RCI- 2010 – Georges CHATAIN- journaliste.
  
Les 3 grandes banques centrales
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